María Ángeles, une femme rebelle atteinte d’un cancer du sein

María Ángeles, une femme rebelle atteinte d’un cancer du sein

Elle dit d’elle-même qu’à « quelques centimètres près le cancer n’a pas réussi à atteindre son ego ». Mª Ángeles, c’est un petit bout de femme pleine de vie et de positivité. Si elle se prenait pour une superwoman jusqu’à son diagnostic, le cancer lui a appris qu’il est tout à fait acceptable de demander de l’aide. Elle a appris à faire preuve de plus d’humilité et à prendre un peu de recul de temps en temps pour se laisser guider par les autres.

Mª Ángeles était divorcée depuis 4 mois. Elle avait déménagé dans une maison en location et reprenait tout juste sa vie sociale. Au cours des dernières semaines, elle avait un peu de fièvre et avait perdu du poids. Peut-être le stress ? Un jour, sous la douche, elle remarque une petite boule au niveau de l’aisselle (après chaque menstruation, elle avait la bonne habitude de s’examiner, mais elle n’avait rien remarqué d’anormal jusqu’ici). Elle se rend donc chez le gynécologue qui lui fait passer une échographie, puisque la mammographie n’a rien révélé. Elle se questionne : « J’ai fait de la merde ou quoi ? »

Elle ignore encore le résultat, mais son intuition lui dit que cette boule est un cancer. Elle s’écroule, seule dans sa maison, et fume cigarette sur cigarette. Le lendemain, le diagnostic confirme son intuition : elle est atteinte d’un cancer du sein HER2 positif de stade 2. Cette première nuit, impossible pour elle de dormir.

« Comme c’est le cas pour toutes les superwomen, j’étais plus inquiète de la façon dont j’allais annoncer la nouvelle à ma famille que de mon état », déclare Mª Ángeles.

Juste après le diagnostic, alors que Mª Ángeles se rend chez un client (elle travaillait à son compte et gérait sa propre entreprise), elle croise une amie du lycée qu’elle n’avait pas vue depuis des années. Elle porte un foulard. Elles s’assoient et papotent autour d’un café, puis elle lui donne une belle leçon de vie. Elle lui dit de ne pas s’inquiéter de quoi que ce soit ou de qui que ce soit et de s’occuper d’elle-même autour d’une belle métaphore : « À l’intérieur, on a tous un petit jardin, et tant que ton jardin n’est pas bien taillé et entretenu, tu ne peux pas t’occuper du jardin des autres ». Et c’est vrai ! Le cancer l’a remise à sa place. Mª Ángeles déclare : « S’aimer soi-même, c’est ce qui permet de prendre soin des autres ».

Le traitement allait être long : 14 séances de chimio suivies d’une mastectomie, 21 séances de radiothérapie et enfin du trastuzumab. « Tout a un début et une fin, et ce qui se trouve entre les deux, c’est ton état d’esprit ». Voilà qui est dit. Mª Ángeles commence par les séances de chimio.

« On ne sait pas trop à quoi s’attendre, et la chimio est une véritable épreuve. Le pire, c’est le manque d’énergie. Ma tête et mon corps me suppliaient d’aller au lit ».

La deuxième séance ne la prend pas de court. La semaine précédente, elle anticipe ce qui allait se passer et se met à cuisiner pour ne rien avoir à faire après la chimio. « Ma mère me téléphonait et je disais toujours que j’allais bien. Je ne voulais surtout pas de leur aide. » Ce n’est pas ça qui allait ralentir sa vie. Elle demandait toujours à faire les séances le jeudi. Pendant les trois jours qui suivent, elle subit les effets de la cortisone. « J’étais comme le lapin Duracell, déclare-t-elle en riant. Le dimanche, quand j’étais à plat, je mettais une semaine à récupérer avant le week-end suivant. »

Après la chimio, elle subit une mastectomie et une reconstruction. Elle nous raconte qu’elle était trop optimiste et qu’elle commençait à réaliser que ce n’était pas encore fini. En fait, il fallait faire preuve de patience pour guérir. « Je n’ai pas arrêté de fumer, et quand tu fumes, tu mets beaucoup plus de temps à récupérer ». La technique utilisée pour la reconstruction est le lipofilling, qui consiste à prélever de la graisse d’une partie du corps pour la repositionner dans le sein. « C’était difficile de voir le résultat, c’est très lent. » C’est alors que son super ego entre en jeu : sur la cicatrice, elle décide de se faire tatouer une fleur de lotus et un papillon.

Vous voulez une anecdote rigolote ? Trois jours après l’intervention, Mª Ángeles s’est rendue à un festival de musique ! Elle raconte : « J’avais acheté les billets avant de savoir que j’avais un cancer. J’attendais cet événement avec impatience et je ne comptais pas y renoncer. Si j’étais arrivée jusque-là, je devais aller à ce concert. »

Puis, elle passe une radiothérapie en traitement de 10 mois. La radio est plus supportable, et par chance elle s’en sort avec presque aucune brûlure. Mª Ángeles veut être bien, se sentir bien, et rien ne peut l’arrêter. Sur les conseils de son amie, elle commence à se maquiller pour la première fois de sa vie : « Mon amie ne quittait pas la maison sans mettre du rouge à lèvres bien vif. J’ai fait la même chose ».

Nous avons mentionné que Mª Ángeles travaille à son compte, mais nous n’avons pas dit qu’elle a deux enfants. À l’époque, son fils a 19 ans : il devient son grand soutien, son bras droit. Il l’accompagne chez le médecin, aux séances de chimio et de radiothérapie et fait une croix sur ses études pour se consacrer entièrement à l’entreprise de sa mère. En revanche, sa fille nie la situation pendant longtemps. Mª Ángeles raconte : « Elle vivait avec moi et je ne pouvais pas enlever mon foulard quand j’étais à la maison avec elle. »

Aujourd’hui, cela fait 4 ans que le diagnostic a été posé. Lorsqu’elle se regarde dans le miroir, elle voit une femme épanouie et sûre d’elle. Ça peut sembler étrange, mais le cancer lui a permis de s’offrir la voiture de ses rêves.

« J’adore conduire, et pile au moment où j’ai été diagnostiquée, j’ai touché l’argent d’une assurance que j’avais oubliée. Avec cet argent, j’ai acheté une Mustang américaine. J’adore conduire. »

Mais cette expérience lui aura apporté bien d’autres choses. « Cela m’a permis de savoir ce que je ne veux pas. Le temps est devenu beaucoup plus précieux à mes yeux et je suis consciente que la vie est trop courte. Je n’ai pas de temps à perdre avec des personnes qui ne m’apportent rien. En revanche, je suis très reconnaissante envers les personnes qui sont prêtes à me consacrer leur temps.

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